LES TECHNIQUES NARRATIVES

Quels sont les moyens utilisés par le narrateur pour raconter son histoire ? On en dénombre plusieurs, selon qu’il s’agisse d’un récit à la première personne ou d’un récit à la troisième personne.

Les techniques narratives du récit à la première personne

  • Le monologue dramatique

Le narrateur s’adresse à une tierce personne ou à un public avec une raison particulière de lui raconter cette histoire précise.

  • Le monologue intérieur

Le narrateur est surpris en train de se parler à lui-même. Il réagit à une situation ou à un environnement immédiat.

  • Le courant de conscience (ou flux de conscience)

C’est la retranscription des pensées qui traversent spontanément l’esprit du narrateur. Cette retranscription est caractérisée par un manque de ponctuations, de transitions, de logique apparente.

Les techniques narratives du récit à la troisième personne

  • La narration

Les mots et les pensées sont résumés,  reformulés et  souvent interprétés par le narrateur.

  • Le discours direct

Le narrateur rapporte directement des paroles, telles qu’elles ont été dites, en les mettant entre guillemets. Ces paroles sont précédées d’un verbe introducteur (dire, déclarer, expliquer, annoncer, s’exclamer, s’écrier…). Souvent, les guillemets sont remplacés par des tirets.

Exemple :

Il dit : « Je passerai te voir demain. On en rediscutera. »

                                              ou :

« Je passerai te voir demain. On en rediscutera », dit-il.

  • Le discours direct libre

Les paroles sont rapportées telles qu’elles ont été prononcées mais le narrateur n’utilise ni guillemets ni tirets. Elles se confondent avec son discours.

Exemple :  Il s’avança finalement vers moi. Je passerai te voir demain. On en rediscutera.

  • Le discours indirect

Le narrateur rapporte des paroles sans les retranscrire mot pour mot.  Elles sont intégrées dans son discours et introduites par un verbe introducteur (il raconte que/il affirme que/il prétend que/elle annonce que…).

Exemple : Il a dit qu’il passerait me voir le lendemain. Qu’on en rediscuterait.

  • Le discours indirect libre

Le narrateur rapporte indirectement des paroles en les intégrant dans son discours mais il  n’utilise pas de verbe introducteur.

Exemple : Il s’avança finalement vers moi. Il passerait me voir le lendemain. On en rediscuterait.

  • Le courant de conscience (ou flux de conscience)

Voir la définition ci-dessus.

                                                                           Magali Traauteure et traductrice


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LE RÉCIT A LA DEUXIÈME PERSONNE ET LE RÉCIT A LA TROISIÈME PERSONNE

Le récit d’une histoire peut être relaté à la première personne ou à la troisième personne. Dans le premier cas, le narrateur fait partie de l’histoire qu’il raconte. Dans le second cas, l’auteur a le choix entre un narrateur extérieur à l’histoire qui a le statut d’un simple témoin ou d’un observateur, et un narrateur omniscient qui, comme un dieu, sait tout de l’histoire et des personnages.

LE RÉCIT A LA PREMIÈRE PERSONNE

Le récit à la première personne est racontée du point de vue de l’un des personnages. Ce mode de narration permet au lecteur d’être immergé dans l’histoire et d’être proche des émotions du narrateur. Il partage une certaine intimité avec lui dans la mesure où ce dernier se confie/se dévoile à lui.

Si le narrateur relate sa propre expérience, sa crédibilité n’est pas vouée à être remise en cause. En revanche, se posera  la question de son objectivité. S’il relate l’expérience d’une autre personne, sa connaissance est alors indirecte et cela emmènera le lecteur à se poser la question de la fiabilité de son témoignage et à se questionner sur ses sources.

Le point de vue à la première personne est parfait pour dissimuler des informations aux lecteurs étant donné que le narrateur ne peut pénétrer l’esprit des autres personnages (il est d’ailleurs souvent utilisé par les auteurs de romans policiers). En effet, contrairement au narrateur omniscient, il peut uniquement décrire ce qui se passe autour de lui et faire part de ses propres émotions et sentiments.

 LE RÉCIT A LA TROISIÈME PERSONNE

Le récit à la troisième personne exclut le narrateur de l’histoire. Ce mode de narration permet une vue d’ensemble de l’intrigue, le narrateur pouvant être n’importe où à n’importe quel moment.

L’auteur peut choisir, à travers le point de vue du narrateur, de ne relater que les paroles, les faits et les gestes des personnages. Il peut faire le choix de confier la narration à un narrateur omniscient qui sait absolument tout de l’histoire et des personnages, y compris leurs pensées, leurs sentiments, leurs motivations, leurs rêves….

Le point de vue à la troisième personne offre une perspective plus vaste au lecteur qui peut non seulement s’identifier au héros, mais aussi à tous les autres personnages. Il crée une certaine complicité entre le lecteur et le narrateur puisque le dernier divulgue au premier des informations qui sont inconnues des autres personnages. Il le fait pénétrer dans l’intimité de chacun d’eux, il lui donne accès à leurs pensées. Il est pratique pour expliquer un contexte. Il permet plus de liberté aux auteurs, un contrôle plus aisé de leurs histoires.

 Magali Traauteure et traductrice


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LE NARRATEUR ET LE POINT DE VUE NARRATIF (OU FOCALISATION)

Le point de vue narratif (ou focalisation) est l’angle à partir duquel une histoire est vue et racontée. Celui qui raconte l’histoire, le narrateur, peut prendre part à l’action du récit, ou être un simple témoin ou un observateur. Souvent, il s’agit d’un être omniscient qui sait tout des personnages et de l’histoire dans les moindres détails.

LE POINT DE VUE NARRATIF

On distingue trois points de vue narratifs :

  • Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro)

Le narrateur ne fait pas partie de l’histoire qu’il raconte.  Il sait tout de l’histoire du début à la fin et tout ce qu’il y a à savoir des personnages, y compris leurs pensées et leurs rêves. Il arrive qu’il s’adresse directement aux lecteurs, qu’il fasse des commentaires et des analyses des situations décrites dans le récit.

  • Le point de vue interne (ou focalisation interne)

Le point de vue est celui de l’un des personnages de l’histoire. Le narrateur ne dit que ce que ce personnage sait  et comprend de l’histoire. Il transcrit ses sentiments, ses opinions, ses réflexions.

  • Le point de vue externe (ou focalisation externe) 

Tout est vu de l’extérieur, comme une caméra.  Le narrateur est alors un simple informateur ou un simple témoin, il est totalement étranger à l’histoire qu’il raconte.  Il ne relate que les paroles, les événements, les faits, les gestes, en toute objectivité et neutralité. Il ne donne aucune indication concernant les motivations profondes des personnages ni leurs sentiments.

LE NARRATEUR

Il existe plusieurs types de narrateurs :

  • Le narrateur intradiégètique

Le narrateur est  un personnage de la diégèse, c’est-à-dire de l’histoire racontée. Il prend part à l’action.

  • Le narrateur extradiégètique

Le narrateur est extérieur à l’histoire qu’il raconte, il n’est pas un personnage de la diégèse.

  • Le narrateur hétérodiégètique

Le narrateur est un personnage qui ne joue aucun rôle dans l’histoire qu’il raconte; son seul lien avec l’histoire est ce qu’il en sait.

  • Le narrateur autodiégètique

Le narrateur est le personnage principal de l’histoire qu’il raconte.

  • Le narrateur homodiégètique

Le narrateur fait partie de l’histoire qu’il narre sans en être le héros.

  • Narrateur véridique Vs narrateur incertain

Le point de vue soulève la question de l’autorité et de la fiabilité. Si la présence du narrateur se fait clairement ressentir tout au long du récit, le lecteur est enclin à se laisser embarquer et à le croire. Ce genre de narrateur est dit « véridique« . Si au contraire le narrateur est un personnage mineur, qui est peu impliqué dans l’histoire qu’il relate, le lecteur peut remettre l’autorité de sa version en question et se questionner sur ses sources. Ce genre de narrateur est dit « incertain ».

POUR CONCLURE

Le point de vue est l’œil à travers lequel une histoire est vue, qu’il s’agisse de celui d’un personnage intérieur ou extérieur à l’histoire, impliqué ou non dans celle-ci ; ou d’un narrateur omniscient. Pour être crédible, le narrateur doit s’identifier et justifier ses sources. Elles peuvent être des on-dit, des documents écrits, des connaissances directes… Le narrateur peut être le confident d’un des protagonistes, un témoin de l’action, faire partie d’une communauté proche des héros… Ainsi, il sera à même de produire un témoignage plausible du contexte,  de la vie antérieure, des événements relatifs à l’histoire des sujets.

                                                         Magali Traauteure et traductrice


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LE PERSONNAGE ET SA CARACTÉRISATION

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LE PERSONNAGE

L’intérêt du lecteur pour les personnages,  que ces derniers soient des animaux, des objets, des forces de la nature ou des individus,  dépend de la manière dont ils reflètent des aspects reconnaissables  de la nature  et du comportement humain.

Les personnages peuvent être « ronds », « plats »,  « statiques », « dynamiques », « types », « caricaturaux ».

  • Les personnages plats

Le personnage plat incarne une seule idée ou un trait frappant. Il est  facilement reconnaissable et on se souvient facilement de lui.  Les circonstances ont peu ou pas d’effets sur son comportement.  Il est prévisible et constant.

  • Les personnages ronds

Le personnage rond représente toutes les incohérences et les complexités d’un  vrai individu. Les évènements et les circonstances peuvent modifier son comportement d’une manière inattendue. Ses réactions sont totalement imprévisibles.

  • Personnages statiques Vs personnages dynamiques

Un personnage est qualifié de statique lorsqu’il ne montre aucun changement. A l’inverse, le personnage dynamique  évolue.

  • Les personnages types

Ce sont des personnalités particulières que l’on retrouve souvent dans certaines formes littéraires : l’héroïne vulnérable, le sinistre méchant du mélodrame, le bouffon de la comédie, la marâtre,  le cow-boy solitaire du western, etc.

  • Les caricatures

Les personnages caricaturaux sont des personnages dont les traits sont délibérément exagérés pour un effet comique ou satirique.

 

LA CARACTÉRISATION

Le terme caractérisation renvoie aux techniques qu’utilisent les auteurs  pour  révéler et développer la personnalité de leurs personnages. Elle peut être directe ou indirecte.

  • La caractérisation directe

Le narrateur donne directement des informations sur le personnage au lecteur. Il utilise des descriptions (physiques et morales),  analyse ses pensées, ses mots, ses actions.

  • La caractérisation indirecte

Le narrateur reste en retrait pour laisser le personnage se révéler par lui-même. Ses mots, ses actions et réactions sont transcrits sans commentaire ni explication. Il laisse le lecteur se faire sa propre opinion du personnage.

Magali Traauteure et traductrice


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LE ROMAN POLICIER

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Le roman policier est fondé sur la recherche méthodique de preuves en vue de la résolution d’un mystère : une infraction est commise, une enquête basée sur des indices, des témoignages ou sur un faisceau de présomptions est menée pour retrouver le ou les coupables. Il relève du genre policier à l’instar du film policier, de la série policière et de la bande dessinée policière.

Aussi appelé « polar », le roman policier a plusieurs sous-genres, tous structurés autour de six invariants :

  • Le crime

Meurtre, enlèvement, braquage…

  • La victime

Celui ou celle qui subit l’infraction.

  • Le coupable

Celui qui commet l’infraction.

  • Le mobile

Ce qui a motivé le crime : le motif crapuleux, le crime passionnel, la vengeance, la jalousie….

  • Le mode opératoire

Comment l’auteur de l’infraction s’est-il pris pour parvenir à ses fins ? Comment l’enquêteur procède-t-il pour lui mettre la main dessus ?

  • L’enquête

En général celle d’un policier ou d’un détective privé.

LES SOUS-GENRES DU ROMAN POLICIER

  • Le roman d’énigme

Le lecteur est invité à deviner l’identité du coupable sur la base d’indices fournis au fur et à mesure. Il n’est pas plus  informé que l’enquêteur, il investigue avec lui.

  • Le thriller

Le thriller est conçu pour créer une émotion forte chez le lecteur. La technique narrative repose notamment sur le suspense entre les chapitres/scènes/épisodes, sur la rétention d’informations, les fausses pistes, les rebondissements. Le but est de tenir le lecteur en haleine.

  • Le roman d’espionnage

Il est principalement axé sur des activités d’espionnage, souvent dans un contexte militaire ou politique.

  • Le roman policier historique

L’intrigue du roman policier historique se déroule à une époque historique marquante, mêlant à la fois personnages et évènements réels et fictifs.

  • Le roman noir

Le roman noir possède à la fois les codes du roman d’énigme et ceux du thriller.  Il se caractérise par la violence qui y règne, par le langage argotique qui y est souvent employé, par son univers angoissant et sombre,  par son pessimisme à l’égard de la société. Il se veut critique et contestataire.

LE DEROULEMENT DU RECIT

Un crime, généralement un meurtre, est découvert très tôt dans la narration. Une enquête pour retrouver le ou les coupables débute aussitôt, habituellement menée par un détective privé ou un policier. Ce dernier examine la scène du crime, collecte des indices, se renseigne sur la victime et son entourage, interroge des témoins. Sur la base de ces premières investigations, il interroge une multitude de personnes susceptibles d’avoir commis le meurtre. Le véritable coupable finit généralement par être démasqué.

Magali Tra, auteure et traductrice


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ROMAN, NOUVELLE, NOVELLA

Espace réservé au texte (1)

Les éléments qui composent et caractérisent le roman, la nouvelle et la novella sont identiques à bien des égards : un récit en prose, une intrigue principale, des personnages présentant un intérêt particulier, un cadre adéquat, une atmosphère appropriée. La différence entre ces genres fictionnels réside principalement dans la portée, la longueur et le focus.

  • LE ROMAN

Le roman, d’une longueur considérable, comprend plus de personnages et d’actions que la nouvelle et la novella. Son caractère discursif lui permet de s’étendre sur les descriptions, les explications, les détails.

Il peut couvrir la vie d’un individu de sa naissance à sa mort, suivre son évolution, étudier son comportement. Il peut s’étendre sur plusieurs générations ou sur des périodes plus vastes de l’histoire. Ses racines sociales profondes et la multiplicité des événements lui permettent de dépeindre une société entière dans toute sa complexité.

  • LA NOUVELLE

La nouvelle, courte et intense, est conçue pour être lue d’une seule traite. Elle comprend peu de personnages et peu d’actions. Elle vise généralement à créer un seul et unique effet. Pour parvenir à cette unicité d’impression, le nouvelliste doit contrôler chaque étape de la composition avec un talent artistique circonspect. Chaque mot doit être pesé. Aucune information, aucun incident qui ne contribue à l’effet choisi ne doit être utilisé.

La nouvelle se focalise généralement sur un seul personnage mis en scène dans un seul évènement. Elle ne trace pas son évolution dans les moindres détails  mais s’intéresse à un moment particulier de sa vie. Au lieu de multiplier les actions comme dans le roman, elle se focalise sur un évènement crucial de la vie du personnage principal ou sur des révélations soudaines qu’un tel événement peut inspirer. Le contexte y est généralement brièvement résumé. Seuls les éléments les plus importants et les plus significatifs de l’action doivent être mentionnés pour  respecter son caractère concis.

  • LA NOVELLA

La novella est plus longue que la nouvelle, plus courte que le roman. Moins concernée par l’étude élaborée des personnages, elle recherche la compréhension et l’intensité. Elle porte généralement sur plusieurs événements qui se rapportent à un événement central.

Elle est habituellement structurée autour d’un thème spécifique même si sa dimension lui permet une plus grande étendue et une plus grande expansion que l’unique événement/unique effet de la nouvelle.

Comme le roman, elle accorde des temps de repos au lecteur.

CE QU’IL FAUT RETENIR

La nouvelle se caractérise par sa petite taille et par son intensité. Le narrateur va à l’essentiel et ne s’attarde pas sur les descriptions et les explications. Elle porte sur un seul événement.

Le roman, assez long, peut traiter de thèmes/sujets divers et variés. Le narrateur peut multiplier les personnages, les actions, les évènements.

La novella « se situe entre les deux ».

Magali Tra, auteure et traductrice


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ECRIRE UN ROMAN

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Vous avez décidé de sauter le pas, de vous lancer dans l’écriture de votre premier roman. C’est une aventure qui demande beaucoup de temps, d’investissement, voire de sacrifices ; il est donc primordial  que vous sachiez  exactement pourquoi vous désirez vous lancer dans cette entreprise. De votre réponse dépendra votre implication dans la rédaction de l’ouvrage.

Cet article vise à vous donner des conseils en me basant sur mon expérience d’écrivaine.

Revenons dans un premier temps sur les principales caractéristiques d’un roman.

QU’EST-CE QU’UN ROMAN ?

 Un roman est un récit fictionnel d’une certaine longueur écrit en prose dans lequel des personnages et des actions représentatifs de la vraie vie sont mis en scène à travers une intrigue plus ou moins complexe.

 …un récit fictionnel

 La base d’un roman, c’est le récit de l’histoire qu’il raconte. L’histoire est une chronologie d’évènements, le récit est la mise en ordre arbitraire et spécifique de ces évènements. Une même histoire peut donc avoir plusieurs récits. L’histoire capte l’intérêt du lecteur en suscitant sa curiosité et l’encourage à vouloir découvrir ce qui va se passer par la suite.

…d’une certaine longueur

Nouvelle, novella, ou roman ? Il n’existe pas vraiment de barème concernant le nombre de mots ou le nombre de pages que doivent contenir les genres fictionnels. Dans les pays francophones c’est avant tout une question de conception.  Si le roman porte sur plusieurs évènements, la nouvelle ne porte que sur un seul évènement et la novella porte sur des évènements qui se rapportent à un évènement central. La nouvelle se lit d’une traite et ne laisse aucun temps de repos au lecteur contrairement à la novella et au roman. Ce dernier peut être considéré comme un fourre-tout dans la mesure où l’auteur peut laisser libre cours à son imagination et traiter de sujets divers et variés. Il peut multiplier les personnages, les péripéties, les intrigues secondaires…C’est pourquoi il est en théorie plus long que la novella qui est elle-même plus longue que la nouvelle.

…des personnages et des actions

 Les personnages et les actions sont l’essence même du roman. Le terme « action » renvoie à ce que font les personnages, ce qui leur arrive, les incidents dans lesquels ils sont directement ou indirectement impliqués. Elle crée du mouvement et une tension dramatique, bien qu’elle soit subordonnée aux personnages. Le portrait de la nature humaine, le comportement humain, les motivations qui se cachent derrière chaque acte, c’est ce qui donne de la profondeur, du sens et une dimension morale à l’œuvre.

…une intrigue plus ou moins complexe

 L’intrigue renvoie au schéma dans lequel les évènements et les incidents sont organisés et unifiés. Il ne faut pas confondre l’histoire et l’intrigue. L’intrigue constitue un plus grand cadre dans lequel l’histoire peut se dérouler. Elle repose sur la causalité plutôt que sur une simple chronologie. Si l’histoire éveille la curiosité et encourage le lecteur à vouloir découvrir ce qui va se passer par la suite, l’intrigue, elle, appelle à la mémoire et à l’intelligence. Elle emmène le lecteur à se demander pourquoi et comment les choses se produisent.

COMMENT ECRIRE UN ROMAN ?

Ecrire un roman est un long travail qui vous prendra des semaines, des mois, voire des années. Cela requiert un immense travail, de l’organisation, et de la patience. Voici quelques conseils pour mener à bien votre projet :

  • Faire un plan détaillé

Débuter la rédaction du récit à partir d’un plan détaillé me paraît nécessaire.

Le plan détaillé vous permettra d’avoir une vue d’ensemble de votre œuvre et vous permettra d’éviter les incohérences.  Il s’agit d’écrire les grandes lignes de votre récit.

Votre plan détaillé devra plus ou moins ressembler au schéma narratif suivant :

La situation initiale (ou incipit)

Elle doit répondre aux questions suivantes :

Qui ?  Quoi ?  Où ?  Quand ?

L’élément déclencheur (ou élément perturbateur)

Il modifie la situation initiale, rompt son équilibre, « démarre » l’histoire.

Les péripéties

Ce sont les évènements déclenchés par l’élément perturbateur et qui entraînent les actions entreprises par les héros pour retrouver la quiétude de la situation initiale.

Le dénouement

Le dénouement met un terme aux actions et conduit à la situation finale. C’est là que se joue la réussite ou l’échec de la quête des héros.

La situation finale

C’est le résultat des aventures des héros, on revient à une situation de stabilité.

  • Ecrire la trame du roman

Faire un court synopsis de chaque arc narratif à partir de votre plan détaillé. Vous aurez d’autant plus d’aisance au moment de la rédaction de votre récit.

  • Faire une fiche pour chaque personnage

Définissez vos personnages, leurs environnements, leurs caractéristiques physiques et morales, leurs traits de caractère, leurs âges, leurs métiers, etc… Consignez toutes les informations relatives à ces derniers, vous saurez ainsi comment ils se comporteront face à une situation donnée, quelles seront leurs réactions émotionnelles, etc…

  • Choisir le point de vue

 Le point de vue (ou focalisation) peut être défini par l’angle à partir duquel l’histoire est vue et racontée. On peut distinguer trois points de vue :

Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro)

Le narrateur omniscient ne fait pas partie de l’histoire. Il sait tout des personnages et il peut entrer dans leurs esprits. Il connait leurs passés, leurs futurs, leurs pensées, leurs envies, leurs rêves, leurs sentiments, etc…

Le point de vue interne (ou focalisation interne)

La narration se fait à partir du point de vue de  l’un des personnages de l’histoire. Le narrateur ne dit que ce que ce personnage sait et comprend.

Le point de vue externe (ou focalisation externe)

Le narrateur ne fait pas partie de l’histoire et reste un observateur. Il décrit ce qui est visible, ce qui est perceptible.  Il n’a pas accès aux pensées des personnages. Il ne fait que raconter l’histoire.

  • Ne corriger le récit qu’après l’avoir entièrement rédigé

Corriger votre texte au fur et à mesure ralentira la progression de votre récit et vous donnera l’impression de ne pas avancer. Cela pourrait vous décourager. Il est donc préférable de ne commencer à corriger qu’une fois le récit achevé.

  • En cas de panne d’inspiration

Le syndrome de la page blanche peut décourager beaucoup ; laissez-vous le temps de vous inspirer. Dites-vous qu’être confortablement installé dans un bureau devant une feuille de papier vierge n’est pas synonyme d’illumination. Vos déplacements, vos rencontres, ce que vous lisez dans la presse, ce que vous regardez à la télévision, votre quotidien, sont des sources potentielles d’inspiration. Il est donc important que vous gardiez un carnet de notes en permanence sur vous.

  •  Faire des recherches

Faites des recherches pour éviter les anachronismes, notamment pour les romans historiques et romans policiers.

Bon courage ! 🙂

Magali Tra, auteure et traductrice


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